201211_02

Il y a le ventre, que l’on ne voit pas, et les yeux. Le ventre, et les yeux. Le plus gros n’est pas forcément celui que l’on croit. Ni le plus secret. Il paraît même que le ventre dispose de son propre cerveau. Il pense. Il encaisse. Il commande. Et les yeux ? Ils font diversion, comme s’ils étaient un leurre, la façade des abysses. Ils distillent la profondeur, focalisent l’attention. Et pendant ce temps…
Le ventre.
C’est un tréfonds, un gouffre, ce qu’il y a de plus enfoui de la vie et qui s’inscrit sur la paroi du côlon. La matière passe et le puits demeure, sans fond.
Le ventre. Et les yeux.
Ils brillent. Ou pleurent. Ils pétillent. Ou meurent. Ça, c’est de la poésie. Les yeux sont poètes. Le ventre tente d’être philosophe. Il gonfle. Les pupilles se dilatent. Il rompt. Les paupières se ferment. Il se détend. Les yeux rient, rient et rient encore. Et le ventre se bidonne à son tour. Il s’ouvre sans lever le secret. Les yeux font le pitre. Le ventre en profite. Il s’abandonne. Il s’épuise. Il a un sursaut. Un autre. Et hop ! Tout rentre dans l’ordre.
Les yeux. Et le ventre.
Regarde, là. Mes yeux. Tu veux voir ce que j’ai dans le ventre ? Rêve !

Cy Jung®

Ce contenu a été publié dans Photocriture. Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

3 réponses à 201211_02

  1. Carine dit :

    Très joli. Mais que dire de mes yeux et de mon ventre quand je regarde puis me goinfre de rochers Suchard ? Sinon qu’ils ne pensent qu’à eux et pas à moi sans discernement !

  2. jeanne dit :

    mes yeux digèrent quelques fois
    et mon ventre alors fait de grand grulppppp

  3. toimoinous dit :

    Le corps a tant de richesses.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *