201211_01

Je ne voudrais pas croire que je vais mourir demain. Mourir ? Mais qui parle de mourir ? Une réplique de théâtre, peut-être. Il n’y a qu’au théâtre que l’on prononce des phrases pareilles à la seule vue d’une vie qui ne tient qu’à un fil, celui qui fixe dans les cintres le décor. Vlan ! Voilà que le fil casse, à moins que ce ne soit la corde que l’on a trop tirée, le projecteur que l’on a trop allumé et qui s’écrase sur l’acteur que l’on a trop écouté.
C’est bien, de temps en temps, de tuer un acteur sur scène, pour de vrai. Car pour de faux, on en tue tous les jours et la qualité de la représentation s’en ressent. L’acte est devenu trop banal. La scène manque de sursaut. Le rideau n’est pas assez rigide. Il tombe sans faire de dégâts alors que le texte, lui, propose tout un massacre. L’acteur se relève après le coup d’épée. Dans l’eau. Ce n’est pas bon, vraiment pas bon. Le public applaudit. Peut-être est-ce lui qui devrait mourir de n’avoir pas su dire non ?
C’était cousu de fil blanc, cette histoire. Il était trop fin. L’acteur est mort ; le théâtre s’enflamme. Les pompiers arrivent. Ils ne peuvent éteindre l’incendie allumé par l’auteur. C’est lui le plus fort, l’auteur. Tout part et revient à son texte. C’est lui qui dit dans la didascalie, « L’acteur meurt pour de vrai. », surtout s’il est mauvais. Surtout. Quoi que. L’auteur doit trancher. Il tranche.

« Une tête roule dans le sang du rasoir. »

Cy Jung®

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Une réponse à 201211_01

  1. Ornella dit :

    Sur la scène brûle une lampe de service, au théâtre on l’appelle « la servante », c’est un signe du réel, ce signe rappelle à tous, acteurs et spectateurs, que l’histoire jouée sur scène est théâtrale, racontée par des gens de théâtre, avec les moyens du théâtre et que la vie, l’action, est dehors. Salut, l’artiste.

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