201208_20

C’est la guerre.
La guerre ? Oui. Encore la guerre.
On voit un char qui s’avance dans la plaine. Un autre ne devrait pas tarder à suivre. Un char, cela se promène rarement seul car pour faire une armée, il faut d’autres chars, et des hommes à pied qui courent tout auteur et se protègent des tirs ennemis. Là, il n’y en a pas. Peut-être sont-ils morts ? Ou viendront-ils plus tard ? L’image ne le dit pas. Par contre, derrière le char, en scrutant un peu, on voit en effet un autre char. On le distingue mal. Il est plus flou. Peut-être porte-t-il une tenue de camouflage, à moins qu’il ne transporte des soldats ? Ou alors, il a percuté un arbre et roule avec cet arbre posé sur son canon. Le conducteur ne doit pas y voir grand-chose, un peu comme on n’y voit goutte, sur la photo.
— Boum !
Qui a tiré ? Personne. C’est comme une illusion. On voit bien un char mais la guerre, elle n’y est pas. Du moins, on ne l’entend pas. Le char non plus, d’ailleurs, même si on le voit. Et l’arbre sur le canon pourrait aussi être un buisson. C’est pourtant plus simple à regarder, d’ordinaire, une photo de reporter tant ce que l’on y voit fait du bruit. On n’y est pas. Là, on a une photographie d’art, avec un char, qui représente la guerre, pas de soldats, et un autre char, qui est rentré dans un arbre et le transporte sur son canon.
Vous y comprenez quelque chose ?
Non ?
C’est normal. C’est comme la guerre. On n’y comprend jamais rien mais on la fait quand même. On tue. On meurt. On gagne. On perd. Quant à se foutre la paix…
C’est rare.

Cy Jung®

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