201204_10

Gérald était inquiet. Cela faisait une heure déjà qu’il attendait Sandrine et elle ne venait pas. Il avait regardé son téléphone vingt fois. Ni message vocal. Ni texto. Ce n’était pas son genre à moins, bien sûr, qu’elle n’ait plus de batteries. Ou qu’elle ait égaré son portable quelque part. Ou qu’il lui soit arrivé quelque chose… Que pouvait-il lui arriver ? Gérald ne savait pas trop, il ne lisait jamais les pages « Faits divers » des journaux. Il sentait juste l’angoisse monter, diffuse, sans véritable point d’accroche.
Il avait appelé trois fois, laissé un message et envoyé deux textos. Il hésitait à appeler encore. Il craignait qu’elle ne prît ombrage de son insistance. Et puis, si elle ne donnait pas de nouvelles, c’est qu’elle ne pouvait pas en donner. Inutile donc d’user ses propres batteries. Que faire ? À part continuer à attendre, Gérald ne voyait guère autre chose. Il avait un livre avec lui mais était incapable de lire. Et le passage dans la rue ne donnait que peu de distraction. Heureusement, il ne pleuvait pas. Heureusement… Mais que faisait-elle ? Il s’en agaça soudain, reprit son téléphone et la rappela. Répondeur.
— Mais qu’est-ce que tu fous ? Je t’attends !
Il raccrocha, sans une bise. Il le regretta aussitôt. S’il lui était arrivé quelque chose, il s’en voudrait à vie que ce fût là son dernier message. Il hésita quelques secondes à rappeler. Il renonça. Il avait mal au ventre à présent. Un nouveau quart d’heure était passé. Il fit quelque pas, ânonnant son prénom comme pour la faire venir. Une heure encore.
Elle n’était toujours pas là.

Cy Jung®

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