201204_07

Quand je passe devant une porte de parking ouverte, je dois toujours me retenir pour ne pas emprunter la rampe et descendre en sous-sol. Avec le contre-jour, je ne vois qu’un trou noir, béant. Je ressens comme une aspiration, un envoûtement, quelque chose qui relève de la force occulte. En retour, la peur me fige et me maintient sur le trottoir.
Quand je suis assise à la place passager d’un véhicule à deux roues motorisé, je ressens le même genre d’attraction, mais pour le bitume, cette fois. Je dois m’accrocher à la poignée arrière, ou au bassin du conducteur, selon ses préférences. Je ne crains pas de tomber, mais de sauter de plein gré dans cet autre gouffre.
Le bitume est noir. Est-ce cela le rapport ? La mort.
Car la mort, c’est le noir. Et le noir, c’est l’aveugle. Mais l’aveugle, ce n’est pas moi.
— Blablabla…
Quand je marche sur les quais du canal de l’Ourcq, ou ceux de la Seine, je préfère rester côté chaussée tant je crains de plonger dans l’eau boueuse. Je n’aurais jamais le temps d’enlever mes chaussures pour bien nager et le choc thermique serait à coup sûr létal. Je regarde de l’autre côté, ou loin devant.
L’eau est marron, pas noire. Et le marron, c’est…
— Caca.
Quand je fais mes carreaux, je…
— Chut…

Cy Jung®

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