201204_04

J’ai une image de Dieu un peu sourde, sans que cela n’ait forcément un rapport avec le tableau clinique de ma déficience visuelle. C’est plus mon cœur qui flanche et me fait tourner la tête. C’est une sorte de vertige qui parfois me fait chuter, parfois me laisse là, inerte, vacillante, parfois me transporte. Ailleurs. Dans le royaume de Dieu ? Non. Celui-là est réservé aux morts, de ce que j’en sais.
D’un point de vue plus vivant, je dirais que Dieu agit comme une centrifugeuse. Il tire le jus et concentre la pulpe. Il n’est donc pas étonnant, dans ces conditions, que je ne tienne guère debout quand je luis à l’état liquide. Je n’en suis pas pour autant moins solide… C’est compliqué. Dieu. Peut-être est-ce le mot qui ne convient pas ? Il est si éculé, ce mot, utilisé pour dire tout et son contraire, pour justifier crimes et châtiments, pour en appeler toujours plus à l’amour sans que l’on ne sache bien de quoi il s’agit.
Il m’en faut un autre, un qui dirait l’essence. La joie ? Oui, je préfère parler de joie, sans qu’en Jésus elle ne demeure. Car tant qu’à la construire, je me la garde, je me la chéris, je me la… Non, et puis si. Hardi ! Je me colle dans l’cul, la joie. Et je chante : « Mein Arsch bleibet meine Freude, meines Herzens Trost und Saft, mein Arsch wehret allem Leide, er ist meines Lebens Kraft, … » La joie. C’est tout de suite plus fort en allemand. Nicht war ?

Cy Jung®

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