201204_01

« Correio ». Une fois, deux fois… quatre fois deux huit. Huit « Correio ». C’est étrange. Un nom qui ne veut rien dire et du gris partout. Elle m’a gâtée, Sarah, pour cette photographie-là. Je sais bien que je n’y vois jamais grand-chose et que j’entre toujours par un biais ; mais quand même ! Qu’est-ce que je vais pouvoir en faire de tout ce gris ?
Gris… Gris… Un peu bleu, tout de même. Surtout là où ça brille. Ailleurs, c’est plus noir. Il y a comme des traits sombres, avec un bord qui brille. Du rouge à lèvres ? Il doit bien en exister du gris bleu qui brille mieux que du noir. Je ne sais pas. Je n’en mets jamais. Imaginons… Quoi d’autre ? Deux carrés jaunes, dont un avec une barre rouge ; on dirait un ticket de métro. Et il y a ce point bleu qui brille aussi. Je ne vois pas ce que c’est. C’est petit. Mais j’ai déjà fait le coup du point bleu qui brille. Un histoire d’extraterrestre. Là, on se croirait plutôt dans une cité du futur avec du rouge à lèvres qui… N’est-ce pas des médailles, ces bidules un peu ronds ? Et d’autres lèvres encore, mais moins soulignées. Des lèvres d’enfants, peut-être ?
Il y a donc des lèvres qui brillent, plutôt des femmes puisque les hommes non travestis ne mettent pas de rouge. Des femmes qui sont avec des enfants — c’est culturel — qui portent des médailles et vont prendre le métro dans une cité du futur.
Et je dois faire une histoire avec ça, moi ? Merci Sarah ! C’est facile. Allez ! C’est parti.
C’est l’histoire d’un petit hareng qui rêvait de devenir cariste. Il nageait dans les eaux froides de la mer de Norvège et, dès que ses parents avaient les yeux tournés, il allait observer les allées et venues du chariot automateur de manutention d’une ferme piscicole. Qu’est-ce que c’était beau ! On aurait cru que la machine dansait sur terre, comme lui, petit hareng qui dansait dans l’eau. Il voulait absolument la rencontrer, apprendre à danser pareil, et sauta un jour sur le ponton… avant d’atterrir dans un bassin plein de saumons affamés. Pauvre petit hareng ! Voilà un bien triste sort.

Cy Jung®

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