201107_25

Une ombre plane, comme toute ombre, menaçante. Elle ronge l’onde. Elle va bientôt noyer le soleil. Une ombre. Une nuit. C’est l’éclipse. Faut-il tuer un albinos pour que revienne la lumière ? Ou lui couper un bras, une oreille. Oui, une oreille. Coupons les oreilles de tous les albinos de la Terre et plus jamais une ombre ne planera, plus jamais le Soleil ne disparaîtra dans l’abîme. De la lumière ! Vite ! Que ça brille ! Que nos cœurs soient éclairés, nos âmes, et que reviennent à nous celles et ceux qui se sont égarés dans les ténèbres. Cela vaut bien toutes les oreilles des albinos de la Terre que nous soyons à nouveau réunis, que le jour soit plus fort que la nuit, l’amour plus étincelant que toutes les étoiles de l’univers embrasées d’une unique allumette ! Oui, cela les vaut. Coupons. Tranchons. Il faut un sacrifice. Les lobes n’y suffiront pas. Il faut tous les pavillons. On n’a rien à perdre. Allons ! Pas de quartier. Qu’on les attrape, ces blancs comme neige et que leurs oreilles fondent au soleil. Qu’on leur explique, et ils comprendront que l’humanité a besoin de se refaire une jeunesse, d’allumer un feu vierge de l’ombre, que l’amour flamboie, que l’ombre sorte du champ et que le Soleil exalte nos cœurs las.
— Excusez-moi mais, ce n’est pas un peu exagéré ? J’y tiens à mes oreilles !
Égoïste !

Cy Jung®

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