201107_15

Combien d’histoires pour enfants utilisent les papillons comme personnage principal, tous plus flamboyants les uns que les autres, tous plus gentils, plus avenants, plus bienveillants, plus… et ce papillon-là n’en peut plus ! Il n’est rien de cela ; il est un monstre, avec ses ailes d’écailles aux couleurs tristes et fades, son œil frontal qui clignote sans raison, ses pattes qui de trois paires sont réduites à une, sa trompe toute molle qui se termine en pommeau de douche, son corps à la peau lisse et froide. Il n’a rien pour plaire, et d’ailleurs, il ne plaît pas.
Son cœur pourtant est si grand ! Mais les conteurs ne voient en lui que l’insecte immonde qui casse honteusement l’image du joli papillon. Les histoires se nourrissent de symboles et il est inconcevable au commun que l’archétype du beau et du léger ait un équivalent laid et balourd. Pensez ! Cela reviendrait à dire qu’il existe en ce monde des individus difformes qui pourtant feraient partie intégrante de l’engeance. Et puis quoi encore ?
Ce papillon doit s’y résoudre. Il n’a sa place que dans les bas-fonds de la prairie, là où l’on remise les cocons éventrés et autres chenilles interlopes. Qu’il pleure s’il le veut ! Mais surtout, qu’il reste là. Va-t-il l’accepter ? Laid, balourd et poltron ? Cela fait beaucoup pour un seul papillon ! N’a-t-il pas déjà eu le courage de sortir du cocon ? Hardi ! Il ouvre ses ailes et… Non ? D2R2 ! Enfin.

Cy Jung®

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