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L’hélicoptère tourne depuis une heure. Ce qui inquiète les gendarmes, c’est qu’aucune trace n’est visible dans la neige alors que, forcément, ils sont passés par là. C’est ce qu’ils ont indiqué sur le cahier où chaque cordée doit inscrire son parcours et son objectif. Pourquoi auraient-ils changé de voie ? C’est autant un mystère que de comprendre leur disparition. Le temps est au beau depuis qu’ils sont partis, il y a deux jours. Aucun orage. Aucun vent fort. Aucune hausse de température pouvant influer sur la structure du glacier. Aucune avalanche. Tous sont des alpinistes chevronnés. Il n’y a rien. Et, même si certains y pensent, le Mont Blanc est bien loin du triangle des Bermudes.
— On retourne au Nord ?
Pourquoi pas. De toute façon, ils ne les retrouveront pas. Chacun le sait déjà même si aucun ne saurait étayer cette intuition au-delà de l’absence de traces et de cause objective de disparition. Les Arva sont muets. Les téléphones portables aussi. Et, dans la vallée, on renoue avec les vieilles histoires de grimpeurs disparus corps et biens et dont le glacier n’a jamais rejeté le corps. Ont-ils été dévorés par une bête immonde dont on entend parfois les hurlements la nuit, enlevés par des extraterrestres en manque de cobayes, pulvérisé par un missile air-air échappé d’un avion de chasse, envoûté par une sirène des neiges aux pratiques de mante religieuse… Impossible ! Ils étaient tous pédés. Il y a donc des phoques, dans les Alpes ? Pauvres bébés !

Cy Jung®

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