201012_01

Aux premiers flocons, les enfants s’étaient précipités au dehors. Ils avaient couru, sauté et ri aux éclats les mains bien à plat pour attraper autant de fragiles cristaux qu’il leur était possible. Ils étaient Péruviens, Mongols, Finlandais, Inuits ou bien Tanzaniens. Personne ne s’en souvient. Le vent avait porté le nuage tout autour du monde. Les enfants avaient joué un long moment. Ils avaient écarquillés les yeux, à celui qui ne fermerait pas les paupières quand un flocon arrivait. Ils avaient tenté de confectionner quelques boules. C’était impossible. La neige aussitôt fondait.
À force, ils s’étaient lassés. Ils étaient rentrés se mettre au chaud, surveillant au travers des fenêtres la formation du blanc manteau. La nuit était tombée. Ils s’étaient couchés et avaient fait des rêves de bonhomme de neige. Au matin, les parents les avaient empêchés de sortir. Ils étaient inquiets comme jamais ils n’avaient été. Que se passait-il ? La nouvelle avait parcouru le monde moins vite que le nuage mais elle gagnait à présent les plus hauts plateaux. La neige avait disparu. La nature semblait intacte. Un silence céleste régnait.
Les enfants avait demandé pourquoi on les empêchait de sortir. On leur avait expliqué qu’un danger les menaçait, un danger si grave que plus personne ne devait aller au-dehors. On ne devait plus boire l’eau, ni manger des produits frais. Les jours avaient passé. Les premiers étaient morts de soif. Les suivants de faim. Ceux qui restaient n’avaient pas eu la douleur d’attendre trop longtemps ; la Terre avait explosé un lundi matin. Mais que s’était-il passé ? Pourquoi poser la question ? Plus personne n’est là pour entendre la réponse. Pas même un vieux sage bochiman, yupick, aïnou, hakama ou bien breton ? Pas même.

Cy Jung®

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