201008_04

Elles vont arriver. Bientôt. On les sent frémir, là, tout au fond, voire plus enfouies encore, dans les abysses. Elles y sont, presque. Il n’est pas besoin de scruter ni de se tendre. On les soupçonne, déjà, tout près, à un intervalle de surgir. Jaillir. Et quand elles seront là…
On ferme les yeux. On oublie. On attend. L’impatience est plus forte que la peur du dénouement. Elles vont venir, apparaître, croître, rugir. Couler. Elles ne sont plus très loin. Elles avancent. On les entend. Presque. Pas encore.
Il y a comme un bruissement d’abord, quelque chose de sourd, qui gronde.
Après…
Après, ce sera comme la guerre, des bombes, des éclairs, du sang, beaucoup, un fracas, quelques ultimes sursauts, et la libération. C’est à chaque fois pareil, le même tremblement, un glissement puissant, plaque sur plaque, chair contre chair.
Attention ! les voilà. Elles grouillent et franchissent le point de non-retour. Tout se tort, tout se fend. Le ventre implose. Il se craquelle. Ça gonfle par-ci, ça se dilate par là ; ça s’enflamme de partout. Un flux court, chaud. On a envie de le laisser s’épancher, qu’il emporte avec lui l’attente et sonne le glas du temps qui passe. Elles sont là. Elles sont. Elles.
Et ça tache.

Cy Jung©

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