200808_21

Quand j’ai mis mon premier tampon, cela a été comme une révélation. Je me suis demandé pourquoi je n’avais pas fait ça plus tôt, pourquoi je mettais toujours ces trucs puants au fond de ma culotte, puants et salissants. Avais-je besoin de voir le sang qui coule, mi-rouge, mi-noir, d’en mesurer les lambeaux et l’abondance comme pour donner de la matière à mes douleurs alvines ? Je ne sais pas ; je sais juste que je plaçais alors ma féminité dans quelque chose de désagréable, douloureux même. J’aimais pourtant l’odeur de mes menstrues. Cela me manque un peu, avec le tampon, cette odeur-là. Mais il n’est pas question que j’y renonce, ne serait-ce que parce que c’est peu de temps après l’avoir adopté que j’ai eu mon premier orgasme.
Elle avait sa tête, là, entre mes cuisses, et avait refusé de renoncer au sexe parce que j’avais mes règles. Elle m’avait fait retirer le tampon, avait soigneusement lavé ma vulve, puis remis elle-même de quoi contenir le flux. On s’était allongées sur le lit, moi un coussin sous les reins, elle les genoux par terre. Je sentais ses doigts ouvrir ma vulve, sa langue flatter mon clitoris. J’avais mal au ventre mais plus mon désir montait, plus la douleur s’éteignait, comme si l’un et autre étaient de chaque côté d’une bascule. Elle y versait beaucoup de salive, aspirant mes petites lèvres, passant parfois la fourchette, caressant mes seins de deux mains voraces jusqu’à ce que mon plaisir me fende le ventre…
— La prochaine fois, je mettrai un doigt à la place du tampon.
J’ai adhéré à l’idée. Dans la foulée, j’ai rejoint une association féministe. Une évidence.

Cy Jung®.

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