200607_07

À la colonie de vacances, on mangeait de la compote au goûter. Ce n’était pas de la compote comme celle que faisait maman avec des pommes non épluchées cuites en gros morceaux, sans sucre, et qu’il fallait mouliner ensuite en tournant la poignée, dans un sens, dans l’autre, on dégage la chair avec la spatule, on racle le dessous et ainsi va le fruit débarrassé de sa peau et de ses pépins.
On la saupoudrait de cannelle et on la mangeait à la cuiller. On poussait avec un biscuit qui croquait sous la dent au milieu de la pulpe acidulée. Qu’est-ce qu’elle était bonne, la compote de maman, surtout si elle n’avait pas fait de séjour au réfrigérateur !
À la colonie de vacances, c’était différent. On mangeait de la compote en boîte de 5 kilos. Elle avait la consistance et la couleur du vomi ; pas le goût ; pas l’odeur non plus ; mais on aurait pu confondre. Elle était si liquide que le moniteur devait l’étaler à la cuiller sur une grosse tranche de pain d’une livre. Une seule cuiller à soupe, même pas pleine, suffisait à couvrir la mie. Il n’aurait de toute façon pas fallu en mettre plus ; elle était si sucrée qu’une fine couche suffisait.
On mordait à pleines dents dans la tartine puis on laissait fondre le pain sous le palais. Qu’est-ce qu’elle était bonne la compote de la colonie, surtout quand le pain était rassis !

Cy Jung®

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Une réponse à 200607_07

  1. Voyages immobiles dit :

    En colonie de vacances, le goût des choses se trouve d’abord dans le goût des autres … en colo c’est toujours bon parce qu’on n’est pas tout seul, parce qu’on est ensemble … et les fenêtres vertes des chambrées nous rappellent la liberté de l’enfance … en colo c’est toujours bon …

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