200607_02

On croit peut-être que la mer est rouge parce que les oiseaux picorent le poisson à grands coups de bec déprédateurs. On croit peut-être qu’elle est verte parce que les boulistes de la côte réclament des cochonnets bien ronds ou encore qu’elle est ocre parce que les Romains y ont enfoui des amphores et des pièces de monnaie. On croit peut-être qu’elle est noire parce que tant de bateaux y ont jeté l’encre. Un tel phénomène pourrait tout aussi la rendre bleue à moins que l’on ne la croie azurée parce qu’elle a fait une mauvaise chute. On croit peut-être que la mer est jaune parce tous les estivants du monde y font pipi sans vergogne. On croit peut-être qu’elle est blanche parce que les migrateurs y laissent leurs plumes sauf si l’on croit qu’elle est orange parce que le feu passe au rouge. Et si la mer était tout simplement violette parce qu’un coquelicot a raté sa couleur, brune parce que d’aucuns y ont lavé leur chemise avant de la faire sécher sur un atoll, rose parce que c’est la couleur de son nouveau téléphone, grise parce que des pirates y ont vidé leurs barils de rhum afin de s’y réfugier après un naufrage, beige parce que des écureuils y ont jeté des noisettes ? On croit peut-être que la mer est blonde parce qu’elle conduit une Mini en robe longue ou qu’elle est sépia parce que la photographie a passé le siècle. On croit peut-être qu’elle est kaki parce que l’on y a vu s’y noyer un plaqueminier, qu’elle est grenat parce que le mobilier d’un théâtre y a trouvé asile ou qu’elle est mauve parce que ses propriétés émollientes affectent la résistance de la houle. On croit peut-être que la mer est turquoise parce que l’amour se vit d’eau fraîche en toutes saisons. On croit peut-être, que la mer.

Cy Jung®

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