200307_16

Elle est partie. Elle n’est pas morte. Elle m’a quittée, juste quittée. Il n’y a rien d’autre à dire. Un instant tout allait bien. L’instant d’après, tout était cassé.
Cassé. Vidé. Abandonné.
Et voilà.
Elle a dit « C’est fini. », comme ça, avec un pâle mobile en bouche, et c’est moi qui suis partie, de la colère plein les mains, de la tristesse comme un nuage percé au-dessus de ma tête. Je suis rentrée, obligée d’être chez moi à présent. Elle, n’y sera pas. Elle n’y sera plus. J’ai perdu un espoir. Elle, c’est pire. Elle m’a perdue, moi.
Elle n’est pas morte. Moi non plus. Elle n’est pas fière. Moi si. J’avance encore, jour et nuit. Je continue. J’ouvre mes mains. Je regarde la colère y grouiller. On dirait des asticots. Je les mets dans une boîte, au réfrigérateur, dans le bac à légumes. Je dois bien avoir une canne à pêche, quelque part. Je colle un ver sur l’hameçon et… Non. Ce n’est pas une bonne idée. Je ne veux pas en pêcher une autre sur une colère puis la quitter sur une répétition. Je préfère pêcher la Lune, avec un panier percé. Elle se lovera contre moi, la Lune. Elle me reconnaîtra. Elle me sourira. Et nous partirons ensemble sans peur et sans reproche.
J’aurai oublié. Pas tout.
Non, pas tout.

Cy Jung®

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2 réponses à 200307_16

  1. Aslé dit :

    Peut-être qu’elle a laissé la notice du four en emportant les allumettes, la Lune est si pleine de bonnes intentions…

    « N’oublie pas de couper le gaz en partant »

    Sur ces mots je prends place sur la chaise en attendant 😉

  2. Isabelle dit :

    Non, pas tout.
    Moi, oui, je suis fière. J’avance, jour et nuit. C’est peut-être pour cela que je ne dors pas ?

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