199901_03

Des mains se mélangent. Des corps se dispersent. Un doigt. Une joue. Un doigt sur une joue. Une entrée dans la matière. Une bouche se dessine. Le doigt y vient. Il en souligne le contour. Un sourire point. Des yeux s’ouvrent, et brillent.
Les paupières se baissent. Le doigt est dans la bouche. La dent est dure, coupante, pointue, puis plane ; pointue de nouveau. La langue est douce. Au loin, le ventre se creuse. Les fesses frissonnent. Les lèvres enchâssent deux phalanges. La pulpe s’imprègne de salive, glisse et court, savoure, savante. La langue s’en repaît. Le corps s’y concentre. La chair s’y résume.
Le doigt toujours.
La bouche encore.
Et le sourire qui s’éclaire un peu plus.
Les ventres se soudent. Les corps sont nus. Les peaux sont soyeuses, fébriles. Elles collent l’une à l’autre jusqu’à ne former qu’une seule enveloppe. Les pieds s’emmêlent. Les cuisses se nouent. Les ventres se fondent l’un dans l’autre. Les seins s’écrasent.
Et les mains, libres, façonnent la substance.
Un sexe coule. L’autre tressaille. C’est au tour des bouches de se confondre. Tout s’emballe. L’espace se resserre. Les sueurs s’incorporent. Le sang bout. Deux bras s’agglutinent. Une paume fourbit sa caresse.
Le désir transpire.
Et l’étreinte ravit.

Cy Jung®

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2 réponses à 199901_03

  1. Voyages immobiles dit :

    Rythme saccadé et haletant tout comme ma respiration à la lecture de ce texte charnel.

  2. paradisbulle dit :

    C’était elle et moi.

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