199609_01

Il était une fois un trou. Pas un trou noir ni un trou du… Non. Un trou. Juste un trou, qui aspirait à ne pas se transformer en un vide. Qu’y aurait-il eu de pire que de perdre l’espoir d’être comblé ? Un peu comme un ventre. Ou comme un déficit. Un fossé. Un creux.
Mais si le trou se remplissait, il ne serait plus trou ! Il serait… Qu’est-ce que l’on était quand on était un trou plein ? Est-ce que l’on restait trou, avec adjectif, ou est-ce que l’on devenait autre chose ? Quoi ? Voilà une énigme qui dépassait les capacités intellectuelles et sensorielles du trou. C’était plus sûr qu’il restât trou, espace dépourvu mais entouré de matière, à vie. C’était déjà pas si mal, d’être entouré. Le trou décida qu’il pouvait s’en contenter, surtout si de temps à autre tombait du ciel de quoi caresser ce qu’il avait de matière.
Il aimait surtout les choses sucrées, douces, sans que cela ne collât trop. Il avait la paroi délicate ; c’était, en quelque sorte, un trou sensible. Quand il en éprouvait le besoin, il se contractait, faisant resurgir ce qui restait au fond et, par un système de vases communicantes, il se créait une sorte d’appel d’air et quelque chose tombait, dans le trou.
Ce jour-là, il se contracta si fort que tout ce qu’il avait au fond de lui gicla à la face du monde, à l’exception d’une clé. Une main se précipita pour la tourner. Et là… Incroyable !

Cy Jung®

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Une réponse à 199609_01

  1. Voyages immobiles dit :

    Une photo dépouillée, une texture qui marque l’espace … et « un trou » qui aspire simplement à exister … Mais que se cache-t-il donc derrière les points de suspension de la dernière phrase ?

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