199512_15

Quand les explorateurs découvrirent la première pierre, ils ne virent pas l’empreinte de la bête. La lumière les avait pris. Ils étaient fascinés, convaincus d’avoir trouvé là de l’or, du diamant, quelque chose de plus rare encore ; et de très cher. Alors ils firent venir des géologues et autres spécialistes afin de forer, tailler, analyser. Rien n’y fit. La roche gardait son mystère et brillait chaque jour un peu plus sans avoir de valeur minérale particulière.
Les géologues et autres spécialistes finirent par quitter l’endroit, l’âme en peine. Ils sentaient bien que quelque chose ici était essentiel. Mais leur compagnie minière les appelait à d’autres tâches. Les explorateurs, eux, restèrent. Ils se sentaient comme aimantés à cette montagne, paralysés à l’idée de devoir partir. Ils vivaient de tout et de rien, se nourrissaient de pas grand-chose. Ils étaient bien, là. Tout simplement bien.
Ils s’asseyaient face à la pierre et un après-midi, l’un d’eux, dans un éclat particulier, vit apparaître la bête. Elle souriait, endormie la joue figée dans la roche, sereine, immuable. Qui était-elle ? Que faisait-elle ? Comment était-elle arrivée là ? Peu leur importait ! Ce qu’ils avaient découvert n’appelait aucune analyse et ils s’abstinrent d’appeler de nouveaux géologues et autres spécialistes. Ils savaient qu’ils pouvaient rester là, que plus rien de dommageable ne leur arriverait désormais. Ils avaient trouvé la bête. Elle veillait.

Cy Jung®

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2 réponses à 199512_15

  1. Hélène dit :

    Brillant. La photo, le texte, l’association des deux. Je suis emportée.
    Bravo les filles !!

  2. Temperance dit :

    Oui, bravo !!!!
    Le mystère et la beauté de la photo vont bien avec le texte qui cache et révèle à la fois….

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