199509_22

— Tu me fais peur quand tu me parles comme ça. On dirait que tu me prends pour une nouille, que jamais je ne serai celle que tu espères, que je…
— Mais non ! Tu sais bien.
— Écoute-toi. Ce ton ! Tu me fais peur. On dirait que ta main est à deux doigts de voler tant ce que je dis attise ta colère ! Qu’est-ce que j’y peux, moi, si je ressens ta violence ? Tu me parles mal. Tu me critiques tout le temps. Et ça me fait peur, parce que tu ne peux pas m’aimer si je suis telle que ta voix et ton regard l’expriment.
— Mais si, je t’aime ! Tu dis n’importe quoi !
— Tu vois, tu continues à me dénigrer, à ne pas entendre ce que je dis, à ne pas envisager ce que je ressens. Il n’y en a que pour toi. Et j’ai peur de te parler, de te demander quelque chose qui me ferait plaisir, de te refuser ce que tu me demandes. Peur. Vraiment, j’ai peur. Peur que tu me quittes aussi, que tu partes, tant je ne suis pas à la hauteur. Peur que tu me frappes parfois. Peur que tu me cries dessus. Peur que tu ne m’aimes plus. Pas. Peur de tes colères. Peur de tes joies même ! Peur de tout. Peur de toi. Peur de nous. Tu te rends compte où l’on en est arrivées ?
— Mais si je te fais si peur, comment peux-tu m’aimer ?
— Tu as raison. Peut-être que je ne t’aime pas. C’est une idée…

Cy Jung®

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