199508_25

Pimpante. Elle était…
Pimpante.
Il n’était pas tout à fait neuf heures du matin. Le soleil était levé bien que caché derrière une brume légère. L’air était frais, sans trop de vent. La ville était encore calme et silencieuse, la circulation peu abondante. Quelques coureurs arpentaient la piste cyclable sans qu’aucun vélo ni aucune poussette de marché ne leur fissent concurrence. Et c’était justement là qu’elle marchait aux côtés d’une amie, ou d’une connaissance, d’une femme de sa famille. On ne pouvait pas savoir. Elle parlait une langue étrangère, mais légère. Elle riait. Elle portait au bout de son bras un sac plastique presque transparent. L’autre femme aussi. Dans leur sac, quelques objets, pas grand-chose. Elles riaient encore, les deux. Elles parlaient, les deux aussi. Et elles avançaient, elle d’un pas particulièrement gracile mais sûr, talons un peu hauts, apprêtée comme on l’est un dimanche mais en plus… en plus…
Pimpante !
Elle venait de la banlieue et entrait dans Paris. Elle ne dégageait aucun parfum, juste une force entre érotisme et douceur. Rien de provocant, au contraire. Sa veste de laine était carrée aux épaules. Sa jupe était droite. Elle n’avait pas de sac à main, juste ce plastique qui pendait au bout de son bras. Elle avait du chien. Et quelque chose d’indéfinissable rendait sa présence sur cette piste cyclable, ce petit matin-là, aussi étrange qu’elle était…
Pimpante.
Et après ?
Qu’importe ! Son propre apprêt est bien suffisant à l’histoire. Elle était…
Pimpante. Si pimpante…

Cy Jung®

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Une réponse à 199508_25

  1. toimoinous dit :

    Que l’on s’en souvient.

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