199508_01

Si personne ne ratait son bus, les bus ne partiraient jamais. Si on lançait le cochonnet trop près, les boules l’emporteraient à chaque tir. Si le petit bonhomme était toujours vert, la ville irait à pied. Si la musique était moins forte, on s’entendrait parler. Si le soleil ne brillait plus, il nous appartiendrait de le lustrer. Et si les poules avaient des dents, on mettrait Paris en bouteille. Vraiment ? Il y a un truc qui ne colle pas. La vérité vraie, c’est que… on peut l’avouer, la vérité c’est que si…
Si les roues avaient des boules, elles rigoleraient plus loin que le cochonnet. Si la boulangère était allée danser, personne n’aurait mangé de croissant ce matin. Si on ouvrait les yeux, on brandirait le poing. Si la rose était déclose et avait perdu les plis de sa robe pourprée, on en mettrait une autre plus pimpante dans le bouquet. Si on se grattait le nez, il ne piquerait plus mais on éternuerait quand même à moins, bien sûr, qu’on se le gratte si fort qu’il se mettrait à saigner et que, pour le coup, on… Passons.
Si l’on mettait Paris en conserve, les touristes se promèneraient avec un ouvre-boîte plutôt qu’un parapluie. Si les pommes étaient talées, la tarte serait aux fraises. Si demain n’était pas un autre jour, aujourd’hui lui serait identique. Si les égouts étaient bouchés, cela sentirait pire que le nez qui gratte. Si l’on mettait un pied devant l’autre, on avancerait. Et que se passerait-il si le ciel nous tombait sur la tête ?
Et si la goutte débordait du vase ?
On s’en fout !

Cy Jung®

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Une réponse à 199508_01

  1. Voyages immobiles dit :

    Avec des « si » … tout serait si … différent …
    J’aime beaucoup la photo: tout va vite … comme une urgence de « si » …

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