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— « Waterloo ! Waterloo ! Waterloo ! morne plaine ! / Comme une onde qui bout dans une urne trop pleine, / Dans ton cirque de bois, de coteaux, de vallons, La pâle… »
— Qu’est-ce que tu dis chérie ?
— Rien ! Je répète, pour mon cours de théâtre.
— Je peux écouter ?
— Tu ne fais pas de commentaires ! D’accord ? « Waterloo ! Waterloo ! Waterloo ! morne plaine ! / Comme une onde qui bout dans une urne trop pleine, / Dans ton cirque de bois, de coteaux, de vallons, / La pâle mort mêlait les sombres bataillons. D’un côté c’est l’Europe et de l’autre la France. / Choc sanglant ! des héros Dieu… Dieu… » Zut !
— C’est morbide ton truc !
— C’est la guerre, Napoléon. L’armée française est défaite.
— N’empêche. Tu en as parlé à ta psy ?
— De Victor Hugo ?
— Tu n’es pas drôle. Je te rappelle que tu fais du théâtre pour te redonner goût à la vie !
— C’est de la poésie. La mort n’a rien à voir là-dedans. Écoute : « La solitude vaste, épouvantable à voir, / Partout apparaissait, muette vengeresse. / Le ciel faisait sans bruit avec la neige épaisse / Pour cette immense armée un immense linceul. / Et chacun…»
— Arrête ! C’est affreux !
— Affreux ? Victor Hugo !
— J’appelle tout de suite ta psy qu’elle te fasse arrêter ce cours.
— « Alors parmi les cris, les rumeurs, le canon, / Il entendit la voix qui lui répondait : Non ! »

Cy Jung®

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