199406_02

Mathilde, enfin.
Je t’ai tant attendue, là, assise, sur cette banquette, suspendue à ce cintre, tricotée dans mon chandail, entre deux crapauds au fond de cette garrigue. Je n’y croyais plus. Mathilde, tu es là. Je prends ta main. Je tends les lèvres. Laisse-moi t’embrasser. Laisse-moi te toucher. C’est trop bon ! C’est trop beau ! Toi. Là. Moi. Nous ?
Je n’y compte pas. Et pourtant je voudrais. Il est trop tôt. Jamais trop tard. Tes seins accueillent ma main. J’en cherche le tétin. Tu soupires. Mathilde. Serre-moi fort ! Je veux oublier ton sexe au profit de ta chair. Je veux me fondre. T’étreindre. Entrer par tous les pores. Suivre ton souffle. Guetter ton cri. Là. Je tends l’index. Il s’impose.
Viens, Mathilde. Cale-toi dans le mitan. Regarde-moi. Que ton ventre épouse le mien. Il se soulève. Je vole ton oxygène à l’orée de ta bouche. Tu manques d’air. Je serre plus fort encore. Je te veux, à moi, pour moi. Mathilde ! ne lâche rien. Laisse-moi faire. Te prendre. Me donner, après. Ta langue badigeonne entre mes cuisses et mon plaisir sourd avant de jaillir. Mathilde ! je t’ai tant espérée. Ne bouge plus. Je suis là, dedans, toi. C’est moi qui mène la danse. Et tu reviens. Tu ne pars plus. Tu restes là. Avec moi.
Mathilde. Ne me quitte plus. Mathilde. Mes mains sont pleines de toi. Prends-moi. Mes baisers sont désordonnés. On s’emmêle. Je te montre comment faire un nœud japonais pour ne pas me perdre. Tiens-moi fort ! Je ne te lâche pas. Attachée. Je croque ton clitoris l’apex en pointe. Tu te fends. On s’immole. Feu. Mathilde. On explose !
Oh ! la belle bleue !
Mathilde. Je te veux. À moi. Rien qu’à moi. Là.

Cy Jung®

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Une réponse à 199406_02

  1. Bauwens Bettina dit :

    Que c’est beau ça !J’adore …

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