197108_01

Nous marchions d’un pas tranquille. Nous n’étions plus très loin du viaduc quand quelque chose d’apparence inconnue a arrêté notre conversation. Il y avait là, au beau milieu du trottoir, un drôle d’engin. Il faisait comme une grosse tache devant le baraquement de chantier et, de loin, il était difficile de comprendre de quoi il s’agissait exactement. Un quatre-quatre ? C’était trop petit. Une moto ? C’était beaucoup plus gros. Un quad ? Oui, cela ressemblait à un quad. Quatre roues, un siège de tracteur, un guidon. Nous avançâmes encore, en ralentissant un peu pour bien observer sans nous arrêter. Une jeune femme était assise sur le siège arrière, emmitouflée dans une doudoune avec une grosse écharpe et un casque sur la tête.
— À part pour se geler les fesses, quel est l’intérêt ?
L’engin faisait bien un mètre cinquante de haut, et ses roues étaient dentelées comme pour courir un Paris-Dakar, mais immaculées, bien sûr. La fille avait l’air d’avoir très froid.
— Il l’a peut-être amenée réparer. Il est devant un garage.
Nous avons doublé l’engin et poursuivi notre chemin. S’il n’y avait pas eu la fille, nous nous serions sans doute arrêtées. Au moins, j’en aurais eu envie. Pour mieux voir, mieux appréhender. Nous aurions fait des commentaires, partagé nos perceptions… Nous sommes passées sous le tunnel formé par l’empilage des baraques de chantier puis avons pris à gauche le long du viaduc.
— Tu as vu ? Ils ont cassé le mur peint. Je pensais qu’ils l’auraient conservé.
— Moi aussi.
Il était joli, ce mur.

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Une réponse à 197108_01

  1. Isabelle dit :

    Ça c’est vrai qu’il était beau et il y avait un spacy dessus, mais la pelleteuse n’a pu l’épargner…

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